Les histoires qui font réfléchir

Bonjour ! 

J'ai survolé le forum et il ne me semble pas avoir vu si le sujet à déjà été posté ! Je serais très, très curieuse de connaître l'avis de nos chers lecteurs concernant les histoires qui font réfléchir. Que pensez-vous de ces histoires de fiction qui abordent des sujets d'actualités, des sujets sensibles, humains qui nous mettent face à nos démons, un peu lorsqu'on détourne la tête devant une situation trop embarrassante ? Est-ce enrichissant ? Ennuyant ? Entre parler d'écologie, de guerre, est-ce quelque chose de barbant ou au contraire, est-ce un moyen de faire parler du sujet sans se sentir concerné ? 

Lorsqu'on écrit, il est tellement intéressant de pouvoir s'exprimer sur de tels sujets. Mais pour un lecteur, est-ce une bonne chose d'y être confronté ?

En vous remerciant !

Réponses

  • 9 Réponses sorted by Votes Date Added
  • Bonjour ! 

    J'ai survolé le forum et il ne me semble pas avoir vu si le sujet à déjà été posté ! Je serais très, très curieuse de connaître l'avis de nos chers lecteurs concernant les histoires qui font réfléchir. Que pensez-vous de ces histoires de fiction qui abordent des sujets d'actualités, des sujets sensibles, humains qui nous mettent face à nos démons, un peu lorsqu'on détourne la tête devant une situation trop embarrassante ? Est-ce enrichissant ? Ennuyant ? Entre parler d'écologie, de guerre, est-ce quelque chose de barbant ou au contraire, est-ce un moyen de faire parler du sujet sans se sentir concerné ? 

    Lorsqu'on écrit, il est tellement intéressant de pouvoir s'exprimer sur de tels sujets. Mais pour un lecteur, est-ce une bonne chose d'y être confronté ?

    En vous remerciant !
    Questions très intéressantes que tu nous poses là, Marion. Etant (un peu, un tout petit peu) dans ce cas avec le roman que j'ai en ce moment en éval, et beaucoup plus avec un autre en projet, je vois ce que tu veux dire.

    Mon roman en (fin d') éval commence lors de l'attentat au Bataclan : je rentre donc (très partiellement) dans la catégorie "sujet d'actualité / sensible", et je suis conscient que ça peut choquer. Une lectrice m'a même dit qu'elle avait eu peur de tomber sur un roman plein de pathos... heureusement, le roman évolue vers l'équivalent d'un film d'action ensuite (et cette lectrice m'aurait mis une très bonne note :) ).

    Ma position est simple : que ceux qui estiment qu'on n'a pas à parler de ça dans un roman... en achètent un autre ! Mais je ne vois pas au nom de quoi je briderais ma créativité...

    Un autre roman que j'ai en préparation est lui, bien plus "politique" : même si je n'y appelle pas à voter pour untel ou untel, j'y exprime très clairement mes idées politiques... ce qui, de facto, est clivant (d'autant que je ne suis pas du genre poisson à nager avec le courant...).

    Certes, pour l'instant je me consacre à la suite du roman que j'ai en éval : je me dis que si par miracle je devais être édité, vu les retours lecteurs me demandant d'ores et déjà sa suite, j'ai intérêt à m'y mettre et dare dare !

    Cette suite - ceux qui auront lu mon livre actuellement en éval comprendront peut-être où je les mène - est basé sur cette simple mais terrible question : "Est-il possible de ne pas agir pour le pire quand on est certain que tout est perdu d'avance ?". A partir de là, tu peux traiter ça de manière très différente. Tu peux en faire un essai barbant ou une histoire d'action / SF dynamique (ceux qui auront lu mon premier opus devineront ma direction...).

    Parler d'écologie, de guerre, de sujets d'actualité,... peut donc - à mon avis, cela n'engage donc que moi - parfaitement être traité dans n'importe quel genre, et dans tous ces genres, peut être traité de manière très intéressante ou très ennuyeuse. Tout dépend de ton talent d'auteur(e). A toi (et à nous tous) de savoir faire passer les choses...

    En tout cas, je n'y vois pas d'objection. Mais peut-être me contredira-t-on...
  • "Est-il possible de ne pas agir pour le pire quand on est certain que tout est perdu d'avance ?" 

    Il m'a fallu la lire et la redire à voix haute pour être sûr de bien comprendre. Si on pose la question à l'envers, cela devient tout de suite plus facile à tourner :D . Mais elle est géniale, cette question ! Je pense même qu'elle peut définir le sujet dont nous parlons ! C'est une thématique abordée dans mon manuscrit. Je n'ai aucun sujet d'actualité contrairement à vous... D'ailleurs, je trouve cela plus compliqué lorsqu'il s'agit d'un sujet d'actualité auquel plusieurs personnes peuvent s'identifier quand moi, je ne le peux pas. J'ai peur d'être en dessous de la vérité et de froisser. C'est surement la raison pour laquelle je fais de la fantasy. Il est plus simple de créer un univers autour d'un problème et de le rendre aussi réel et perturbant qu'une véritable scène. Mais dès lors qu'il est imaginaire, il ne peut blesser personne. Néanmoins, j'ignore si je ne changerais pas d'avis un jour, car on évolue aussi au fil des années. 

    Je suis contente que quelqu'un ai répondu :D Je trouve ça fascinant de pouvoir faire passer des messages via des histoires 
  • TNKTNK Messages 587
    novembre 2018 modifié Vote Up0Vote Down
    "Est-il possible de ne pas agir pour le pire quand on est certain que tout est perdu d'avance ?" 

    Il m'a fallu la lire et la redire à voix haute pour être sûr de bien comprendre. Si on pose la question à l'envers, cela devient tout de suite plus facile à tourner :D . Mais elle est géniale, cette question ! Je pense même qu'elle peut définir le sujet dont nous parlons ! C'est une thématique abordée dans mon manuscrit. Je n'ai aucun sujet d'actualité contrairement à vous... D'ailleurs, je trouve cela plus compliqué lorsqu'il s'agit d'un sujet d'actualité auquel plusieurs personnes peuvent s'identifier quand moi, je ne le peux pas. J'ai peur d'être en dessous de la vérité et de froisser. C'est surement la raison pour laquelle je fais de la fantasy. Il est plus simple de créer un univers autour d'un problème et de le rendre aussi réel et perturbant qu'une véritable scène. Mais dès lors qu'il est imaginaire, il ne peut blesser personne. Néanmoins, j'ignore si je ne changerais pas d'avis un jour, car on évolue aussi au fil des années. 

    Je suis contente que quelqu'un ai répondu :D Je trouve ça fascinant de pouvoir faire passer des messages via des histoires 
    Héhé rassure-toi, la phrase ne devrait pas apparaître tel quel dans le roman :) C'est juste un guide, un fil rouge pour l'établissement de son plan.

    Le premier bouquin que j'ai écrit pourrait se résumer par "L'humanité mérite-t-elle de continuer à exister ?", le 3eme projet - celui que je qualifie de "politique", se résumerait par : "Ne gâchons-nous pas notre potentiel du fait de notre bêtise collective ?".

    Quant à blesser les gens, je le répète : il y a des milliers de romans sur le marché, si certains ne veulent pas lire quelque chose qui aborde les éléments contenus dans le mien, qu'ils lisent autre chose... d'autres se chargeront bien de vouloir lire ce que j'ai à proposer :) En me basant sur mes retours néoplumesques, je suis assez conforté dans cette approche :)

    Bien sûr que l'imaginaire peut - et doit même ! - servir à créer des problèmes de manière allégorique, ou alors poser des problèmes qui ne manqueront pas de se poser à l'avenir, voir dès à présent...

    Et oui, il y a des gens sur ce forum qui répondent... même si beaucoup se contentent de le lire (je ne saurais que conseiller à ces derniers de sauter dans le grand bain et de participer !).
  • TNK a dit :

    Bien sûr que l'imaginaire peut - et doit même ! - servir à créer des problèmes de manière allégorique, ou alors poser des problèmes qui ne manqueront pas de se poser à l'avenir, voir dès à présent...


    Je pense qu'un roman d'anticipation va forcement aborder "des problèmes qui ne manqueront pas de se poser à l'avenir, voir dès à présent...", en général ça fait partie de leur charme. Immanquablement on se dit "et si ça évoluait comme ça ?" ou "c'est sur, ça va arriver, on y est presque déjà !". Et parfois quelques années (ou décennies) plus tard on dit "il avait déjà tout compris !".

    Mais chaque lecteur a ses limites, pour donner un exemple en dehors de NP : Paul-Jean Hérault est un auteur dont j'ai lu presque toute la bibliographie, il pointe du doigt certains travers de la société et souligne les problèmes engendrés. Je relis parfois certains de ses romans mais je n'ai pas acheté les derniers car je trouvais qu'il commençait à appuyer le doigt trop fort. D'ailleurs il m'est arrivé dans mes évaluations sur NP de reprocher cela à un auteur.

    Comme le dit TNK " il y a des milliers de romans sur le marché, si certains ne veulent pas lire quelque chose …". Donc je trouve très bien qu'un auteur veuille faire réfléchir, OUI IL PEUT.

    Par contre je ne suis pas du tout, du tout, d'accord avec le "IL DOIT", personnellement je préfère de loin l'imaginaire qui fait rêver et permet justement d'oublier les "problèmes qui … "


  • Du coup, dans le contexte de l'imaginaire, entre votre sentiment qu'il est bien qu'un auteur veuille faire réfléchir et celui de rêver en étant immergé dans une histoire, est-ce possible, selon vous, qu'un roman vous donne ces deux sensations sans vous lasser ?
  • C'est une question très intéressante que tu poses là Marion. et sans doute n'y a-t-il pas une unique réponse car celle-ci dépend du lecteur.
    Je dirais que tout est dans le dosage. Je n'ai pas d'exemple de livre à l'esprit mais celui d'un film : un monde imaginaire comme celui d'Avatar permet bien, dans une moindre mesure, de poser des problèmes d'ordre écologique et donc de faire réfléchir.

    Je peux facilement imaginer un héro de livre qui serait végétarien. Sans insister sur ce fait, l'auteur mettrait en avant un certain type de comportement qu'il veut promouvoir (ou pas, en fonction du personnage et de l'intrigue).

    Un univers de science-fiction ou de fantasy pourrait faire s'interroger sur l'accès aux armes et sur son impact ou ses dérives, etc...

    Bref, je dirais qu'il est fort possible que les deux coexistent. Quand à savoir lequel doit prendre le pas sur l'autre, je répondrais personnellement que je préfère m'évader d'abord, réfléchir dans une moindre mesure. Mais ce n'est là que mon avis ;)
  • Du coup, dans le contexte de l'imaginaire, entre votre sentiment qu'il est bien qu'un auteur veuille faire réfléchir et celui de rêver en étant immergé dans une histoire, est-ce possible, selon vous, qu'un roman vous donne ces deux sensations sans vous lasser ?

    Tout dépend du dosage, et je le formulerais différemment : "Ce roman m'a fait rêver, même s'il soulève pas mal de questions qui dérangent".

    Car mes goûts de lectrice ne vont pas me diriger vers un livre dont le propos est avant tout de faire réfléchir, pour imager je dirais "je veux du sel sur mes frites, pas des frites dans mon sel" ;)))).


  • Enitram a dit :
    Du coup, dans le contexte de l'imaginaire, entre votre sentiment qu'il est bien qu'un auteur veuille faire réfléchir et celui de rêver en étant immergé dans une histoire, est-ce possible, selon vous, qu'un roman vous donne ces deux sensations sans vous lasser ?

    Tout dépend du dosage, et je le formulerais différemment : "Ce roman m'a fait rêver, même s'il soulève pas mal de questions qui dérangent".

    Car mes goûts de lectrice ne vont pas me diriger vers un livre dont le propos est avant tout de faire réfléchir, pour imager je dirais "je veux du sel sur mes frites, pas des frites dans mon sel" ;)))).


    et je vois que Myriam m'a coupé l'herbe sous le pied en parlant de dosage =)
  • DE SOUSA MarionDE SOUSA Marion Messages 48
    novembre 2018 modifié Vote Up0Vote Down
    Je vois ce que vous voulez dire toutes les deux. C'est génial d'avoir l'avis de plusieurs personnes :) Je suis ravie d'avoir des réponses et j'en viendrais surement à demander si le sel est finement dosé dans mon manuscrit, dans ce cas :) Mais bon, entre nous, j'adore les frites !
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