Vous avez un message ???

J'avais déjà parlé des fins heureuses, mais qu'en est-il du "message à délivrer" ?

J'ai vu à plusieurs reprises qu'il faisait partie des attentes de certaines lectrices, curieusement peu de lecteurs s'expriment sur le sujet.

[Il faut plus de profondeur dans le message délivrer. La fin heureuse est peut-être trop idylique]

Retranscription fidèle : les fautes ne sont pas de moi !!!!  Mais je me suis demandé s'il était raisonnable de vouloir un message "profond" quand, peut-être, on n'a pas tous les outils en main pour le déchiffrer.

Je ne suis pas contre les messages à condition qu'ils soient intégrés dans le roman sans être martelés lourdement. 

Mais je ne les trouve pas indispensables ! Tout dépend du type de roman, un roman satyrique a vocation à dénoncer, un roman philosophique devrait faire réfléchir … mais faut-il obligatoirement qu'un auteur ait un message à transmettre pour écrire de merveilleux romans ?

Réponses

  • 4 Réponses sorted by Votes Date Added
  • Bonjour Enitram ! 
     Je ne suis pas contre les messages non plus du moment qu'ils ne sont pas insistants.
    Mais comme toi je ne les trouve pas nécessaire pour que ce soit un bon roman. J'ai déjà lu quelques manuscrits ici ou c'était très maladroit et insistants. 
      Et à d'autres moment on ressent parfois trop le point de vue de l'auteur, comme s'il voulait nous persuader de son point de vue et non de nous inciter à une réflexion. Du moment qu'il ne s'agit pas d'une leçon de morale..  
     J'ai d'ailleurs arrêté de lire un livre à cause de ça, c'était par rapport à l'écologie. Tout les jours on a le droit à des leçons de morales, les voir en plus dans un livre... ras le bol!  Je reconnais que c'était intéressant mais bon après la catégorie de ce livre était teen, 13 ans. C'est très bien pour les ados. Mais en temps qu'adulte c'est trop. Il n'y avait que ça. Au bout d'un moment tu te dis: "Bon elle avance l'histoire ou ça va durer encore  longtemps? "
    (Attention je ne dis pas que l'écologie n'est pas un sujet important, ça l'est mais personnellement j'ai compris le message)

      C'etait très intéressant mais c'était....trop. beaucoup trop. Mais par contre il peut-être très efficace pour les jeunes ados.

    Je ne sais pas si je suis dans le sujet mais voilà mon point de vue ! 
  • EmamkaEmamka Messages 171
    4 sept. modifié Vote Up0Vote Down
    Bonjour ici ;)

    ça sent la rentrée pour tout le monde. Courage !

    Pour répondre à cette question, je suis totalement de votre avis. Un cours de moral est aussi passionnant qu'un essai de Montaigne qu'on nous oblige à lire au lycée :p 
    Donc s'il y a message à faire passer, il DOIT être intégré dans le récit (je parle des romans uniquement). Assez discret pour que ça passe comme une tartine de miel, et surtout, impérativement, être cohérent, je dirais entremêlé à l'histoire. 
    Enfin, un bon message est un message qui n'apporte pas de réponse miracle, mais qui fait réfléchir ceux qui s'y intéressent. Un bon avocat est un avocat qui connait les arguments de l'adversaire :] 

    Donc la priorité, c'est l'histoire. Puis les personnages (ou vis versa). Et quelque part loin derrière, il y a les messages. D'ailleurs maintenant que j'écris ça je réalise que bien souvent, le plus simple est de les intégrer aux réflexions des personnages. Et à l'histoire. ça les enrichit... 
    bref... tout est imbriqué. Comme une tartine de miel. Il y a de l'écho ici non ?

     
  • Voilà un sujet que je trouve excellent !!

    En tant que lectrice, je me rends compte que les livres que j'ai le plus aimé avaient des thèmes forts et abordaient des questions morales. J'aime particulièrement quand un livre dénonce "l'air de rien" sans que jamais ne sois écrit texto "ceci est mal !" etc.
    Le meilleur exemple que j'ai revu récemment, c'est "la ligne verte" de S. King. Dans ce livre, la peine de mort est complètement dénoncée. Elle n'est jamais utile et, au contraire, elle punie clairement des innocents au passage, ou des hommes coupables, mais que l'on est tenté de pardonner quand on les connait un peu. L'aspect fantastique, la construction des personnages et le mystère qui grossit ne sont pas bâclé au pretexte qu'il y a un message à faire passé. D'ailleur, la plupart du temps, dans le livre, on ne pense pas à la peine de mort, mais au mystère, on se demande si le condamné est innocent ou coupable et s'il va mourir. La question morale passe au second plan, mais à la fin... à la fin on se prend une telle claque qu'on est obliger de réfléchir à la question de la peine de mort. Et pas une seule fois dans le livre, les personnages ou le narrateur ne va écrire noir sur blanc : "la peine de mort c'est mal"... non, jamais.

    J'ai parfois trouvé que certains livres, ou films n'avaient presqu'aucun intérêt en dehors du message qu'ils portaient et c'est dommage. "12 years a slave" que j'ai lu et vu en film aussi m'avait paru très creux en terme d'intrigue et de rebondissement, aucune surprise, aucun rebondissement, l'écriture était assez faible et passait son temps à faire des auto-spoil en révélant ce qui allait se passer plus loin. Beaucoup de passages auraient mérité d'être approffondis car ils avaient un bon potentiel dramaturgique, en particulier une femme esclave qui a le malheur de trop plaire à son maitre blanc (c'est elle qui aurait dû faire l'objet d'un livre ou d'un film). Finalement, un témoignage comme un autre en gros, dont le seul avantage était d'être une histoire vraie. J'ai eu le sentiment que les prix qu'il a eu étaient plutôt des messages fait au monde pour montrer qu'on est d'accord avec le propos du film.
    Le livre d'une amie auto-publié m'a parfois un peu dérangé par son côté bien pensant. Emamka dit qu'on peut intergrer des valeures morales aux pensées des personnages et aux dialogues. Mais dans le cas de ce livre, j'ai trouvé que mon amie en faisait parfois un peu trop, avec ses personnages très évolué pour leur époque qui profite de chaque dialogue pour te glisser une petite leçon de morale sur le respect de la vieillesse, l'écologie, le handicap, ou l'égalité homme-femme ; j'étais d'accord avec toutes ses idées mais la ficelle me paraissait trop grosse et, au final, ces gentils personnages qui ont plein de beaux messages à faire passer, cela m'a un peu lassé.

    Personnellement, je dois dire que les livres que j'ai écrit jusqu'à présent (et une bonne partie de ceux qui trainent dans ma tête) ont un vrai message. Je ne pars pas du message en générale, mais plutôt d'une "blessure", quelque chose qui fait mal, et à partir de là, je trouve toujours quelque chose qui mérite que l'on s'indigne, donc, je dénonce pas mal de chose au final dans mes livres. Et ça me plait de le faire. Je fais très attention par contre d'éviter de trop donner des leçons (je l'ai un peu trop fait dans un ancien livre, et en le relisant je me trouve franchement lourde lol) et de ne jamais écrire directement le message que je veux donner. C'est un peu comme une bonne blague, si elle est vraiment drôle, on n'a pas besoin de l'expliquer pour qu'elle soit comprise. Un bon message montre une scène qui délivre un message subtilement et si c'est bien fait, on n'a pas besoin d'expliquer les choses pour que tout le monde comprenne le message ;)

    Donc voilà, je suis assez d'accord avec vous. Les livres "à messages" cela peut être très pénible. Pour moi, les très bons livres ont souvent des messages forts, mais son excellent par ailleurs... et bien souvent ils ne seront pas présenté comme des livres à messages.

  • J'avoue que quand je lis, je ne cherche pas principalement à avoir un message, ou chercher s'il en a un. Je lis surtout pour découvrir un monde, des intrigues, m'évader. Surtout en fantasy, en suivant de grandes saga. Qu'il y ait un message, je ne trouve pas ça dérangeant. A condition que ce soit bien glissé, encore une fois : 
    - pas par tous les personnages
    - pas tout le temps
    - pas inséré sans vrai contexte ou raison dans le texte
    Je trouve que ça passe mieux quand il s'agit de l'idéal d'un personnage, plutôt que du narrateur (dans le cadre d'une narration hors première personne. Je pense que ça peut être inclus dans un point de vue interne à la 3e personne), parce que le narrateur va directement représenter l'auteur. 
    C'est encore plus intéressant (et mieux coulé ?) quand il y a un personnage en opposant avec cette idée, mais dans ce cas peut-être que ce contre-pied donne moins de valeur au message que l'on veut faire passer ? Ou alors c'est vraiment fort, et cela ne sert qu'à amener d'autres arguments solides (à condition que l'opposant ne soit pas juste là pour une mise en valeur sans vrai débat, et que cela ne soit pas l'objet central du livre).

    D'ailleurs ça m'amène à une question : 
    si on a un message à faire passer, qu'est-ce qui vous fait le + réfléchir dessus : qu'il soit mis en "unique vision", ou qu'il y ait un vrai débat dans le livre ?
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