Quel est le problème avec les Kevin ?

EnitramEnitram Messages 383

Une cinquantaine de manuscrits ont dépassés la date limite, mais c'est comme les yaourts vous pouvez encore les consommer. Comme d'habitude je souffre pour les auteurs qui attendent de voir à quelle sauce ils ont été mangés. COURAGE !

 En attendant j'ai fait le point sur la tendance affirmée lors de nos échanges sur le forum. Qui sait, ça pourrait être utile aux auteurs...

 Haro sur Le happy end ?

Pas si démodée que ça la fin heureuse ! Et même un léger (très léger) avantage sur la fin tragique.

 Vive les fins ouvertes ?

Pas vraiment. Peut-être peut-elle être entrebâillée, mais … juste un chouia  

Vive les personnages féminins forts ?

Méfiance, votre personnage féminin devra être encore plus crédible que les autres, qu'elle se garde bien d'avoir l'air d'un cliché car alors ….

Et surtout n'hésitez pas à déglinguer le beau macho ou la madame je sais tout, ils sont là pour ça !

Si vous avez un message qu'il se fasse faussement évanescent pour s'incruster sans en avoir l'air dans l'esprit du lecteur. Il rehaussera votre écrit parce que la majorité aime les messages et les veut subtils.

 Et enfin, on sait également grâce à Mélie qu'un prénom mal choisi peut être fatal.

Et là je dois avouer que je me suis creusé les méninges depuis, pour ne pas poser une question idiote, mais je n'ai pas trouvé la réponse : Quel est le problème avec les Kevin ?

Réponses

  • 7 Réponses sorted by Votes Date Added
  • MélieMélie Messages 40
    23 sept. modifié Vote Up0Vote Down
      Même si je ne suis auteure, je me dois de répondre à la question, ayant mentionné ce prénom dans le sujet concernant les prénoms des personnages.

      Je pense que le problème avec les Kevin va disparaître car il ne souffre plus vraiment du stéréotype maintenant.
      Mais pendant longtemps, le prénom Kevin a souffert d'un sérieux stéréotype: Les Kevin sont bêtes, abrutis, avec un QI inférieur à la moyenne et sont majoritairement issu de la classe populaire. Ouais, pas terrible!

      Ce n'est qu'un cliché mais qui a été bien ancré pendant une période et ce n'est pas le seul prénom à en avoir souffert: Dylan et Cindy sont aussi des prénoms victime de ce stéréotype. Résultat, difficile de prendre au sérieux un héros avec un tel prénom. Et encore ce n'est qu'un livre, je n'ose imaginer ceux qui portent ce prénom dans la réalité. 
    Bien sûr aujourd'hui le cliché n'est plus d'actualité (du moins de mon point de vue) donc techniquement parlant, il n'y a plus de problème avec ce prénom.

      Après il y a aussi les histoire personnelles mais ça c'est autre chose. J'ai malheureusement rencontré un Kevin qui faisait honneur au cliché. Abruti, vulgaire, enfance difficile et bien connu des services de police. Heureusement que je ne met pas tout les Kevin dans le même panier malgré le cliché  :p  Et que j'en ai rencontré d'autres formidables!  =)

      Aujourd'hui, je n'aurai aucun problème à lire une saga avec des héros s'appelant Kevin ou Cindy. Mais il y a 10 ans, rien n'en était moins sûr... Je pense que je ne les aurai pas pris au sérieux (Aaah l'adolescence, merci pour votre indulgence  B) )
      D'ailleurs ce serait même amusant que le héros rencontre ses problèmes de stéréotypes avec son prénom et les déconstruisent un par un.
      Par contre j'aurai plus de mal aujourd'hui avec des héros qui auraient des prénoms... hum très originaux? Ou écrit de manière très original? Camille qui deviendrait Kamylle? Djuliann? Khelyanna? Mayron? Alors que ce ne sont que des prénoms... Mais pour une raison que je n'explique pas, je  n'aime pas du tout l'orthographe! 

    Voilà voilà!  :3


  • Merci Mélie, entre-temps quelqu'un a eu pitié de mon ignorance et m'a expliqué la connotation tacite que porte ce prénom.  :p

    Question de génération sans doute, je ne connaissais pas … Le parallèle avec d'autres prénoms à d'autres époques est facile à faire, les RAOUL, les MARIE-CHANTAL. C'est certain : pour les auteurs c'est "casse-gueule"

     La question était dans les discussions avec les auteurs mais ce n'était pas restrictif. Dommage qu'il n'y ait pas de choix "discutons autour des livres" je trouve plus sympa quand les échanges se font sans barrière, :)

  • Bonjour !

    Enitram tu as fait un boulot formidable. Je trouve génial ce projet de "sondage" grandeur nature, et je te remercie pour ces résultats ! Même si ce n'est pas une recette magique, ces grandes lignes sont très intéressantes pour tout auteur. Certes, on écrit pour soi, mais à un moment donné, il faut aussi intégrer qu'on écrit pour un lecteur. Le martyriser ne serait pas une bonne stratégie !

    Pour en revenir à la happy end (et la place des messages dans un récit), j'ai vu récemment un travail de recherche très intéressant. SI on fait un parallèle avec l'histoire des genres abordés au cinéma, on se rend compte que le spectateur/lecteur cherche avant tout une histoire capable de le sortir de son quotidien.
    Ainsi, en période de crise (guerres), il recherche le divertissement, la comédie, le rire, l'aventure et la happy end (d'où ce qu'on appelle l'âge d'or hollywoodien).
    Dans une société où chacun mange son pain (telle que la nôtre, aujourd'hui, on va rester humbles vis-à-vis de ceux qui n'ont ni toit, ni toilettes, ni eau, ni ventre rempli), le spectateur/lecteur est plus enclin à vibrer sur les histoires tragiques, les drames, les frissons et les fins "douce-amère". 
    Tout serait donc affaire de contexte ! 


  • Pour Kévin, oui, c'est une histoire de stéréotype autour du prénom. Je trouve que c'est toujours un peu d'actualité. Mais remplacé en ce moment par les Karen (au vu de la situation actuelle). Disons qu'il y avait un "cliché" de personnes, et pour désigner ce cliché, rassembler les éléments ensemble, on les a liés sous un même prénom, comme ça on sait exactement de quoi il retourne quand on évoque un "Kévin". C'est aussi par rapport à la génération, puisque Kévin était un prénom très répandu (et collant un minimum au cliché, dans le sens où il se rencontre + souvent dans les classes moyennes/populaires, que la haute société). 
    Pour revenir sur ça, les prénoms sont vraiment très sociaux, à un point plus haut qu'on ne l'imagine je crois. Je l'ai vu quand j'ai travaillé cet été, dans un agence où il y avait des personnes de bonne société (sans aller non plus jusqu'à de la "noblesse", encore que, il y avait pas mal de noms à particule), et les prénoms sont vraiment différents de ce que je côtoie habituellement en classe moyenne. 

    Je ne sais pas si ça aura pu aider, mais voilà en tout cas mon avis sur la question ^^ 
  • TNKTNK Messages 926
    Alors...

    En ce qui me concerne, le premier personnage que j'ai créé était une certaine Karine, que certain(e)s d'entre vous ont pu découvrir au fil des pages de C'est arrivé en avril. Je lui ai donné ce prénom en hommage à une de mes meilleures amies, morte alors que j'avais 19 ans (et elle 18). J'avais d'ailleurs failli en changer le nom car on m'avait dit que Karine ne faisait plus moderne pour une jeune femme de 19 ans (l'age de mon héroïne dans le roman), mais la communauté NP, à commencer par @Nakãra et @Admin Karine herself m'en ont dissuadé. Karine est donc restée Karine.

    Il lui fallait alors un partenaire. J'ai donc cherché un prénom qui sonne bien quand on dit "Karine et...". De plus il fallait que le prénom soit multigénérationnel et international. Le prénom Vincent collait à toutes ces réquisitions, ainsi Vincent est né.

    Puis j'ai inventé Caillean (prononcer Caille-Line), l'inoubliable héroïne de La fille de demain. Son prénom est un mélange de Karine (pour les raisons mentionnées ci-dessus) de Corinne (en raison d'un grand amour de jeunesse portant ce prénom), le tout remixé à la sauce XXIIIe siècle, car c'est de là que mademoiselle nous arrivait... mais n'allez pas croire que ce prénom est inventé : il s'agit d'un vieux prénom Irlandais qui signifie "La jeune fille".

    Pour un livre non encore publié, mes principaux protagonistes sont Aurélie, Ilona, Lucas, Vincent et M. Parfait. Bon, Vincent, c'est devenu ma marque de fabrique. Lui, c'était donc vite réglé. Aurélie a été choisi car c'était l'un des 3 prénoms féminins les plus courants en 1980, année de naissance de mon héroïne. Je voulais donc que, pour sa génération, elle ait le prénom de madame toutlemonde. Ilona est une stagiaire de 23 ans... au moment de choisir son nom, mes petites voisines écoutaient sur YouTube les vieux tubes d'Ilona Mitrecey, une chanteuse pour enfants des années 2000... qui doit avoir 23 ans à présent ! Et voilà comment Ilona est née. Lucas, le fils d'Aurélie a été choisi comme le prénom de sa mère : il a 13 ans, j'ai regardé le top des prénoms masculins d'il y a 13 ans. M. Parfait doit son nom au fait qu'il est... une parfaite crapule, et le cauchemar de ses collègues féminines, surtout si celles-ci devaient être jeunes et jolies. Ne lui parlez pas de #metoo, il vous répondrait fuck you !
    On parlait de personnages machistes l'autre jour, avec lui, vous avez un sacré spécimen...

    Dans le roman que j'ai écrit cet été, les principaux personnages s'appellent Rainbow, Mathilda, Cyrus et Archibald... pourquoi ? A vous de le deviner. Disons que pour le premier, découvrir son identité vous aidera, pour la seconde, le lieu de l'action pourrait vous aider. Pour Cyrus j'avais besoin d'un prénom de mégalo et Archibald devait avoir un nom de vieil anglais, du genre à boire invariablement le thé à 5h... Mais dans ce roman apparaissent aussi Karen et Vincent - un clin d'oeil à Karine et Vincent bien sûr - et là, je me demande où est le problème avec les "Karen" ? Bon, Karen apparaissant au tout dernier chapitre, ça ne devrait pas poser trop de problèmes...

    Pour les deux romans sur lesquels je travaille en ce moment, mon techno-thriller vous fera découvrir Amber et Vincent, mais aussi Ana, Cameron, Ryan, Ethan et Brielle. Ana doit d'ailleurs son prénom à la protagoniste de Sombre été de @Suzanne, publié par NP :) Amber tient son prénom de la couleur ambrée du coeur des yeux de Corinne, mon amour de jeunesse... vu qu'elle est aussi l'amour de jeunesse de ce nouveau Vincent, le lien est évident... L'action se déroulera entre l'Arizona, Washington, le Maine, Ibiza et le Svalbard (archipel au nord de la Norvège).

    L'autre roman sur lequel je travaille en ce moment est centré sur le personnage de Marie-Laure... qui est à peu près le dernier prénom que j'aurais choisi pour cette héroïne, mais voilà : Marie-Laure existe pour de vrai, elle coécrit même ce livre avec moi, vu qu'il s'agit de sa propre histoire... et bien sûr, elle tient à garder son vrai prénom ! Par contre, à part pour ses potes - qui apparaissent dans le livre sous leurs (vrais) surnoms - les autres personnages ont reçu des noms d'emprunt, ce qui est quand même plus prudent dans une histoire vraie, surtout que certains protagonistes sont aux affaires...

    Voilà voilà... ça vous éclaire un peu ?
    Et vous, comment choisissez-vous les noms et prénoms de vos héros ?
  • TNKTNK Messages 926
    Emamka a dit :

    Pour en revenir à la happy end (et la place des messages dans un récit), j'ai vu récemment un travail de recherche très intéressant. SI on fait un parallèle avec l'histoire des genres abordés au cinéma, on se rend compte que le spectateur/lecteur cherche avant tout une histoire capable de le sortir de son quotidien.
    Ainsi, en période de crise (guerres), il recherche le divertissement, la comédie, le rire, l'aventure et la happy end (d'où ce qu'on appelle l'âge d'or hollywoodien).
    Dans une société où chacun mange son pain (telle que la nôtre, aujourd'hui, on va rester humbles vis-à-vis de ceux qui n'ont ni toit, ni toilettes, ni eau, ni ventre rempli), le spectateur/lecteur est plus enclin à vibrer sur les histoires tragiques, les drames, les frissons et les fins "douce-amère". 
    Tout serait donc affaire de contexte ! 


    Justement... voilà pourquoi j'ai un peu décidé de retarder le projet qui devait se terminer avec quelques milliers de survivants seulement, et ce au termes d'un confinement de 20 ans... question de contexte quoi !

    Par contre une histoire douce-amère, où il est question de liberté, de génie inventif, de changer le monde (cf le fameux monde d'après dont les médias parlent), mais dans lequel quand même une pandémie vient s'inviter dans l'intrigue, ben... voilà quoi ;)
  • MélieMélie Messages 40
    30 sept. modifié Vote Up0Vote Down
    Nakãra a dit :
    Pour revenir sur ça, les prénoms sont vraiment très sociaux, à un point plus haut qu'on ne l'imagine je crois. Je l'ai vu quand j'ai travaillé cet été, dans un agence où il y avait des personnes de bonne société (sans aller non plus jusqu'à de la "noblesse", encore que, il y avait pas mal de noms à particule), et les prénoms sont vraiment différents de ce que je côtoie habituellement en classe moyenne. 

    La sociologie des prénoms j'adore, je trouve ça très intéressant de voir comment un prénom peut déterminer qui tu es et d'où tu viens. Et en même temps, le poids est certains pour ceux qui portent un prénom dit "lourd". Comme Kevin.
     
    Il existe une page sur un réseau social tres connu qui dévoile des prénoms improbables. Les admins sont des agents de l'état civil. Page qui de base donnait juste des prénoms ,(dont la tendance est de se démarquer avec des prénoms très originaux, inventés, avec des écritures à faire saigner les yeux) la communauté de cette page est devenue franchement méchante et moqueuse avec le temps. C'est bien dommage.

    TNK a dit :
     et là, je me demande où est le problème avec les "Karen" ? 
    En France, aucun problème. (Quoique ça commence à venir) Outre Atlantique par contre, c'est un gros problème. 
    Citation de notre ami Wiki (oui bon... je ne me suis pas foulée pour la source) 
    " A common stereotype is that of a white woman who uses her privilege to demand her own way at the expense of others. Depictions also include demanding to "speak to the manager," being racist, or sporting a particular  bobcut hairstyle. As of 2020, the term was increasingly being used as a general-purpose term of disapproval for middle-aged white women."
      Autrement dit pour faire simple: une femme blanche d'âge moyen qui quand ça ne va pas demande toujours à parler au manager et tape un caprice si elle n'obtient pas ce qu'elle veut. Il y a plusieurs vidéos de "Karen" sur le net. Ça vaut le détour et ça permet de mieux comprendre.

    TNK a dit :
    Voilà voilà... ça vous éclaire un peu ?
    Et vous, comment choisissez-vous les noms et prénoms de vos héros ?
    Étant très curieuse, j'ai créé il y a quelques semaines le sujet "Lectrice curieuse: question pour les auteurs" où je demande justement comment les auteurs ont choisi les prénoms et noms de leurs héros.
      Et vu ta réponse complète sur le sujet, merci beaucoup!! C'etait très intéressant ! C'est un long travail et pour toi ça prouve que tu as voulu donner une signification au prénom!
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.