Audiobooks et dialogues

Hello les amis,

Comme vous le savez, les NP comme bon nombre d'éditeurs sortent certains de leurs romans au format audiobook.

Initialement inventé pour les mal/non-voyants, ce format explose depuis 1-2 ans, dépassant largement le public pour lequel ce format a été pensé, pour s'imposer comme le format de choix des lecteurs (et surtout lectrices) urbain(e)s, qui peuvent ainsi profiter de leur temps en transports en commun pour écouter les romans qu'ils/elles n'ont pas le temps de lire (et accessoirement ne plus devoir subir les "file-moi ton 06 !" à répétition).

Penser "audiobook" est donc important pour les auteurs... et les ME.

Or pour moi, ce format pose un problème à l'heure actuelle. En effet, l'immense majorité des audiobooks sur le marché à date (gageons que cela évoluera alors que le marché prendra de l'ampleur), ne font appel qu'à un(e) seul(e) comédien(ne) pour lire tout le texte, narrations bien sûr, mais aussi dialogues. Et ce quels que soient les personnages qui parlent.

Et là, pour moi, le bat blesse : autant c'est très agréable dans les narrations, autant les dialogues interprétés par la même voix, ça bloque. Ce serait comme un film dont le même acteur jouerait tous les rôles. D'autant que nombre d'auteurs écrivent des dialogues enchaînés qui passent très bien à l'écrit, mais qui bugguent sous ce format.

Exemple :

Sandrine s'approche de Sébastien. Son courroux se lit sur son visage :
- Qu'est-ce que tu as fait hier soir, Seb' ?
- Je... j'étais... euh...
- Et ce parfum, c'est quoi ? Elle s'appelle comment, la greluche ?
- Mais euh... j'étais... c'était un séminaire...

Vous voyez, à l'écrit, ça passe très bien. Parce que quand vous l'avez lu, vous avez imaginé la voix au timbre féminin de Sandrine, et celle masculine de Sébastien. En imaginant leurs voix, les neurosciences nous apprennent que dans notre cerveau, les aires dédiées à l'audition s'activent, écoutant ces voix imaginaires que notre cerveau synthétise, à mesure que nous lisons (c'est quand même une machine formidable, ce cerveau !).

Mais une fois adaptées en audiobook par un seul acteur, ces phrases de dialogue seront lues par la même personne, au même timbre. Qu'écouteront nos aires cérébrales : la voix du / de la comédien(ne), et ainsi cette double synthèse vocale cérébrale qui rend ce dialogue vivant à l'écrit tombe à plat.

Ma solution : embaucher un(e) comédien(ne) pour le rôle de narrateur, et d'autres comédien(ne)s pour les différents rôles, castés selon leur timbre de voix (le vieux mafioso alcoolique n'aura pas la voix de la collégienne fleur bleue). Là, ça passera crème, et le format audiobook explosera. Mais le budget nécessaire à son enregistrement aussi.

Pourtant, c'est là un enjeu essentiel si le monde de l'édition veut que ce format murisse.
Personnellement, ayant réalisé - avec mes propres moyens - la version audio des vingt premiers chapitres de C'est arrivé en avril (pour les besoins de la promo), je me souviens comme je galérais avec les voix de dialogue. Les rôles de mecs, aucun problème, mais à partir du moment ou ma Karine entre en scène, qu'est-ce que j'ai galéré pour enregistrer ses voix !

Et vous, amis auteurs (et éditrices ;) ), comment voyez-vous la question ?

Réponses

  • 2 Réponses sorted by Votes Date Added
  • Ce serait génial s'il était possible d'avoir différentes voix, en effet !! :) Bon je ne suis pas cliente du livre audio, déjà le numérique j'ai du mal, je préfère largement l'objet ^^' Mais franchement ça gagnerait en qualité d'immersion :) Le problème, clairement, c'est le coût de fabrication... 
  • TNKTNK Messages 1,270
    Ce serait génial s'il était possible d'avoir différentes voix, en effet !! :) Bon je ne suis pas cliente du livre audio, déjà le numérique j'ai du mal, je préfère largement l'objet ^^' Mais franchement ça gagnerait en qualité d'immersion :) Le problème, clairement, c'est le coût de fabrication... 
    Pourtant je vends à 95% en ebook...

    Après, oui, c'est plus cher... mais si ça permet de devenir un acteur majoritaire sur ce nouveau marché, c'est un investissement rentable.

    Cette histoire me rappelle une période de l'histoire du cinéma. Dans les années 1920, la technologie du film parlant était déjà au point, les projecteurs équipés de haut-parleurs, mais, pour des raisons de facilité, les films continuaient à être tournés en muet, ce dont le public ne se formalisait en rien.

    Puis un jour, un morceau de son enregistré a été "oublié" sur la pellicule d'un film musical (tiens, comme par hasard...) : les spectateurs ont alors, par surprise, découvert le cinéma parlant, qui a immédiatement fait le buzz. Résultat : six mois plus tard, c'était la fin du muet... et le triomphe de ceux qui, les premiers, ont su sauter le pas.

    Avis donc aux éditeurs qui veulent être les grands gagnants des changements à venir... nouvelles plumes, nouveaux médias ?
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